Extrait romans

CATINOU

Vic est à mes pieds. coposition picturale, où un agglomérat de teintes grises s'étire en ogive vers le sud au centre du tableau. Tandis que tout autour, le canevas des verts des bois et des pacages est rehaussé çà et là de quelques notes carmin. Le ciel blanc s'y fait discret pour les mettre en valeur. Une trouée de nuages se darde soudain d'aiguilles flamboyantes. Les toits fiévreux scintillent, m'éblouissent. Le soleil a tiré un rideau de fumée sur le tableau. Persuadée qu'il ne se montrerait pas, je n'ai pas pris mes lunettes teintées. Alors, je ferme les yeux, lui offre mon visage, m'enivre de sa lumière...

Je viens (nouvelle)

 

J'ai sept ans.

Mes doigts sont tachés du jus pourpre. De mes lèvres s'échappe le sang des fruits trop mûrs. Toujours ce même soleil qui danse dans ma caboche. Envie de courir sous le ciel noir, envie de sentir la pluie traverser mon maillot. Grelotter sous l'orage. Et rire...

 

 

L'amoureuse

 

C'est ce soir-là que Mathilde est venue me voir pour la première fois.Il était environ vingt et une heures quand elle est entrée. Elle s'est avancée doucement, avec crainte. Elle s'est assise. J'ai d'abord vu ses yeux.../... La lumière éclairait le bas de son visage. Son menton tremblait, ses lèvres se serraient, et des larmes descendaient en petits ruisselets réguliers le long de ses joues. Elle est restée longtemps, sans bouger, à attendre, à pleurer. A un moment, elle a fermé les yeux et j'ai vu son front se fissurer. Quand elle les a ouverts de nouveau, ils étaient plus brillants encore. Et je l'ai trouvée belle, et je l'ai désirée. 

 

.../...

Prise d'Haut-âge

 

Nous avons repris l'allée en sens inverse, puis bifurqué à droite jusqu'à un petit jardin odorant où thym, romarin et sarriette se disputaient l'espace.../...

On apercevait des pieds de citronnelle, de sauge, d'estragon, de menthe et de basilic, mais aussi du cerfeuil et du serpolet, de la coriandre, du laurier, du persil et de la lavande. J'ai choisi une feuille de citronnelle que j'ai froissée dans mes mains. Nous avons contourné le petit carré cultivé et longé la prairie où broutait paisiblement un étalon bai à la robe luisante, au corps harmonieux et puissant. Interrompu par le bruit de nos pas, il a levé sa tête gracile, et nous a dévisagés un instant.Puis, blasé, il a poursuivi son repas, sans nous tenir rancune du bref dérangement.../... 

 

×